Je dois avouer candidement que jusqu’à tout récemment j’étais moi-même perdu entre ces deux réalités. J’en mélangeais les caractéristiques. Pour bien intervenir dans le milieu des OBNL, je me suis rapidement rendu compte qu’il est important de faire la différence entre les deux.

En quoi est-ce important me direz-vous ?

En sachant mieux décrire votre organisation et celles qui vous entourent, vous pourrez avoir un meilleur impact sur votre mission. Les termes sont aussi étroitement reliés aux modèles d’affaires, aux sources de financement et à l’offre de service. On peut faire de l’intervention communautaire dans une organisation issue de l’économie sociale. Les deux ne sont pas indissociables. Faire la différence entre les deux modèles vous permettra donc de mieux communiquer et de vous adresser aux bonnes instances.

Les concepts

Je vous présente les concepts comme je les perçois et les utilise dans ma pratique et lorsque j’enseigne. Il est possible que certains d’entre vous soient en désaccord ou trouve qu’il manque de détails. Si c’est le cas, je vous invite à me contacter pour que je puisse ajuster ma vision et modifier ce texte.

L’intervention communautaire

Ce terme fait référence à l’organisation d’un groupe ou d’une structure qui désire avoir un impact positif sur son milieu ou sa communauté. Le tout intègre des notions de changement social et de contribution au développement collectif. Ce concept fait aussi référence au travail d’intervenants qui visent à influencer l’action collective afin de contribuer positivement au développement du milieu et des instances qui a composent.

Une grande proportion des OBNL ont l’intervention communautaire comme finalité ou comme modèle d’affaires. Ce qui implique qu’ils n’ont pas vraiment de services ou de produits à vendre. Par contre, ils occupent un rôle prépondérant dans une cause, une clientèle ou un milieu de vie. Ce sont très souvent des organisations qui ont très peu ou pas de revenus autonomes et pour qui les subventions, les dons et les revenus de fondations constituent la majorité de leurs entrées de fonds.

Même si les opérations commerciales ne sont pas au centre de leurs activités, la segmentation et la connaissance des clientèles restent un travail vital à faire pour maximiser l’impact et les retombées de leurs interventions. L’utilisation de segments est une façon d’être plus efficace, de prioriser les actions et de mieux attribuer les ressources. En connaissant votre marché et votre milieu, vous constaterez que certaines personnes ou organisations auront une influence plus forte sur votre mission. Vous devrez donc les identifier, les regrouper et prioriser vos actions auprès d’eux. La majorité d’entre vous le faites de manière instinctive et avez des résultats inégaux. Nous vous conseillons de mieux planifier et d’aller chercher plus de données sur votre milieu, secteur, cause et clientèle pour amplifier la portée de votre mission.

L’économie sociale

Ce terme fait référence à des organisations qui cherchent à concilier activité économique et équité sociale. À créer de la valeur pour la réinvestir dans une mission ou une cause collective. Certains parlent de non-lucrativité ou la lucrativité limitée (bénéfices réinvestis au service du projet collectif). En économie sociale, l’amélioration du bien-être des membres, des individus et des collectivités prime sur les retombées financières. L’organisation se définit plus par sa finalité que par son statut juridique ou sa structure de financement.

Le principe de l’économie sociale n’est pas nouveau même si on a l’impression que c’est une terminologie récente au Québec. Par contre ce qui est inédit, c’est l’étalement de la philosophie comme moyen de faire progresser l’ensemble de la province. Il faut garder en tête que depuis des lustres, le concept de « profits » dans les organisations sans buts lucratifs et coopératifs est mal perçu. Remercions notre tradition de charité et notre bagage judéo-chrétien où toute discussion autour de l’argent et de profits a toujours été et reste sensible. Même la terminologie est influencée, il n’est pas rare de changer le terme profits pour excédents pour ne pas heurter les cœurs sensibles.

Voir aussi : Les OSBL (OBNL) et les profits – mythes et perceptions à clarifier

L’utilisation des profits :   c’est très souvent autour de cet aspect que la différence se fait. Une des forces de l’économie sociale, en comparaison avec le modèle d’intervention communautaire, c’est de pouvoir déployer une offre de services ou de produits qui en plus de supporter la mission viendra créer des revenus et des excédents qui solidifieront l’organisation.

Au niveau du financement, la différence majeure c’est que l’organisation qui applique les notions d’économie sociale est moins limitée dans ses sources de revenus. Dans certains cas, elle pourra sortir du cadre de son intervention pour offrir biens et services afin d’obtenir de nouveaux fonds qui alimenteront le support à la mission. Les gestionnaires créatifs vont souvent faire de petits miracles pour maximiser les opportunités d’affaires.

En résumé les deux types de concepts sont positifs pour la collectivité. Par contre, le modèle d’économie sociale est plus autonome et réussit à avoir une meilleure pérennité dans un contexte de retrait du financement gouvernemental. En vous exposant ma vision de la chose, j’espère que vous serez nombreux à m’envoyer vos commentaires pour que je puisse bonifier ce texte de votre contribution.

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Le financement et l’augmentation des revenus sont un combat de tous les jours pour une multitude d’OBNL. Voici en quelques lignes un rappel des bonnes pratiques à mettre en place pour bien performer. En suivant cette bonne parole dans les prochains mois, vous verrez la lumière au bout du tunnel.

 

La philanthropie et la commandite sont deux termes qu’on entend régulièrement dans le monde des OBNL et de l’événement. Ces milieux sont caractérisés par des enjeux de financement de plus en plus prenant. Il est essentiel de bien comprendre la différence entre les deux afin de déployer les efforts appropriés dans votre recherche de financement. Trop souvent nous croisons des intervenants qui sont actifs dans la recherche de fonds en pensant chercher de la commandite. La réalité est tout autre, car ils sont dans un mode de financement philanthropique. La résultante est qu’ils n’utilisent pas les bons messages et les bons outils. Lever des fonds est déjà très difficile et cela en décourage plus d’un.

Il faut souligner qu’il y a une multitude de zones grises entre l’application des deux termes de manière pure et que les deux types de financement s’entrecroisent régulièrement.

Commençons par définir les deux termes :

  • Philanthropie : sentiment qui pousse les hommes à venir en aide aux autres; amour de l’humanité avec désintéressement et charité.
  • Commandite : soutien matériel apporté à une manifestation, à une personne, à un produit ou à une organisation en vue d’en retirer un bénéfice publicitaire.

Nous vous proposons 3 axes pour bien différencier les deux termes.

En comprenant les caractéristiques, vous serez à même d’adapter votre approche, vos outils et votre discours pour obtenir de meilleurs résultats. Ces façons de voir vous faciliteront aussi la tâche. Vous serez ainsi mieux outillés pour trouver les bonnes organisations et les bons interlocuteurs afin de les sensibiliser à votre projet ou votre cause.

1.Le cerveau ou le cœur

En recherche de commandite, on parle surtout au cerveau, à l’aspect rationnel d’une personne. Vous allez entendre des réflexions du genre :

Si j’investis 5000$ dans votre projet, combien de nouveaux clients vais-je acquérir ?

Avec un kiosque lors de votre événement combien de personnes vont goûter à mon nouveau produit ?

Les annonceurs/commanditaires doivent justifier leur retour sur investissement. Ils sont très souvent dans une mécanique où ils doivent faire des choix entre média et commandite. C’est une approche où on veut des résultats. La commandite est surtout un outil marketing. On doit pouvoir constater que notre investissement a un impact sur l’atteinte de nos objectifs d’affaires.

En mode philanthropique, on parle au cœur et aux sentiments d’un individu

  • Se sent-il interpellé, touché par une cause ?
  • Est-il concerné directement par l’intervention que vous faites ?
  • Veut-il libérer sa conscience et donner à son prochain ?

Ici on parle de redonner à sa communauté, de partager, d’être un bon citoyen corporatif.

Gardez en tête la zone grise entre les deux : les adeptes du marketing social, qui utilisent les investissements communautaires ou sociaux pour améliorer la perception de leur marque ou de leur organisation.

Comme vous pouvez le voir, il y a une foule de nuances possibles. Il faut donc être préparé et bien connaître votre interlocuteur pour trouver ce qui le touche vraiment

2. Être redevable ou recevoir de manière désintéressée

En commandite le promoteur doit offrir de la valeur à ses annonceurs. Plus il en offrira, meilleures seront ses chances d’aller chercher des investissements importants. Depuis quelques années, on constate que donner de la visibilité traditionnelle ce n’est plus assez (voir notre autre texte : Visibilité – Cessez de placarder vos logos). On doit être créatif pour offrir plus et permettre ainsi l’atteinte des objectifs d’affaires. Cela devient un savant dosage de visibilité, de marketing électronique, de produits d’hospitalité, d’activation et d’éléments intangibles associés aux valeurs de marque pour faire un cocktail de plus en plus complexe.

En philanthropie pure, le don est désintéressé et parfois même anonyme. Quoique cette tendance soit de plus en plus rare, elle illustre bien la nature du concept. Ce qu’on constate par contre, c’est que certains donateurs aiment être reconnus et on doit considérer cet aspect dans notre démarchage. Cet univers reste loin des calculs de retour sur investissement ou de retours sur objectifs. On constate aussi que de plus en plus de donateurs veulent savoir où va leur argent. Ils sont concernés par les résultats engendrés par leurs investissements et à quel point ils font une différence. Ça met de plus en plus de pression sur les processus de reddition de compte et sur la transparence des interventions.

3.Le langage est différent d’un univers à l’autre

Dans les documents philanthropiques, on va utiliser des termes ou des tournures de phrase comme :

  • Aidez-nous …
  • Supportez-nous …
  • Encouragez-nous …
  • Soutenez-nous …

En commandite on vas parler de :

  • Retour sur investissement …
  • D’atteinte d’objectifs d’affaires …
  • De combler les besoins de l’annonceur …
  • De marketing d’alliance …

Comme vous pouvez le constater, la façon de communiquer est différente et illustre bien ce que nous évoquons dans ce texte. En gardant en tête à qui vous vous adressez et quels sont leurs points sensibles, vous serez plus efficaces à les interpeller.

Nous devons confesser l’objectif caché de ce texte : vous permettre d’expliquer pourquoi certaines actions de recherche de commandite ne donnent pas les résultats espérés.

Beaucoup trop d’organisations approchent les commanditaires comme s’ils approchaient des donateurs :

  • Votre offre est limitée en terme d’outils et de portée (vous offrez de la visibilité traditionnelle à 80-100%)
  • Vous n’avez pas de mécanique pour prouver l’atteinte des résultats espérés par les annonceurs
  • Vous n’être pas dans un processus de personnalisation de proposition
  • Finalement, le langage utilisé n’est pas un langage « marketing », mais plutôt une demande de dons

Nous espérons que vous avez pris conscience des différences et que vos prochaines actions envers des commanditaires ou des donateurs potentiels seront influencées par ce texte. Comme toujours nous restons disponibles pour vos questions et nous vous invitons à participer à une de nos formations.

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